Mille jours à Pékin
Maurice Ciantar a passé trois ans à Pékin, de 1965 à 1968, en tant qu'"expert français détaché aux Editions en langues étrangères", autrement dit l'énorme machine de propagande de la Chine populaire. Sans savoir qu'il allait être le témoin de l'épouvantable "Révolution culturelle", il y est allé pour écrire ce livre, qui à sa parution (avril 1969) a fait l'effet d'un pavé dans la mare - c'était alors l'étrange maladie du "maoïsme" chez les intellectuels occidentaux. Aujourd'hui, on constate que cet observateur impitoyable et réfractaire à tout système autoritaire a été lucide vingt ans avant tout le monde.
On retrouve dans Mille jours à Pékin le style flamboyant et musical du romancier et du poète, le trait acerbe et dur parfois, mais partout une sorte de fascination pour la "féerie céleste" que la Chine représentera toujours pour lui, au point d'envisager, à l'occasion d'un retour à Pékin en 1986, de s'y fixer à jamais.
Chronique. Nouvelle édition
1990. 480 pages
24 € 39
|